Le blog d'Edmond Simeoni, militant corse de la première heure


Prix Coppieters remis à Edmond Simeoni le 24 novembre 2018

Rédigé le Lundi 26 Novembre 2018 à 09:34 | Lu 626 fois


« La Fondation Coppieters a récompensé le Dr Edmond Simeoni avec le Prix Coppieters 2018.Il marque sa reconnaissance pour son profond engagement en faveur de la subsidiarité et de la dévolution en Europe et en Corse.Il a été honoré et remercié pour une vie entière vouée à la paix sur l’île".

Cette manifestation s'est déroulée au Café Napoléon à Ajaccio en présence de Roger Torrent : Président du Parlement Catalan; de Monsieur Xabier Macias: Président de la Fondation Coppieters; de Gilles Simeoni : Président du Conseil l'Exécutif de Corse. Mr Torrent et Mr Macias ont été particulièrement élogieux et fraternels.
Andria Fazi , analyste politique; Michel Castellani , Député de la Haute Corse, Antonia Luciani, Vice-Présidente de la Fondation Coppieters ont présenté de brèves allocution pour féliciter le récipiendaire.



Remerciements du Dr Edmond Simeoni :

Au-delà de l’aspect protocolaire de la distinction dont je suis l’objet – ce dont je remercie la Fondation Coppieters- chacun sait qu’elle récompense en fait une coopération effectué depuis de longues années, avec des organisations proches, donc dans un travail collectif.
Je remercie l’organisation d’avoir accepté de se déplacer à Ajaccio, car ma santé ne me permettait pas de me rendre à Bruxelles.
 
En fait, il s’agit d’une démarche politique de trois peuples ici représentés : Catalans, Flamands et Corses. En vertu des lois internationales, tout peuple a le droit d’être reconnu, d’être libre et si l’approbation démocratique est suffisante et indiscutable, de choisir la forme de cette liberté, par contrat.
L’Etat belge est fédéral, la Catalogne Autonome et la Corse vient d’avoir  un 4 ème statut croupion, insuffisant, frileux, peu opérationnel et qui ne sert qu’a habiller les attitudes dilatoires de l’Etat depuis 1981, malgré la victoire de F Mitterrand à la présidence de la République.
J’ai accepté, en étant particulièrement conscient du travail qui a été effectué par la Fondation en faveur de l’Europe et des nations sans état, pour différentes raisons :
  • Je ne peux pas oublier que pendant les années 1970, nous avons traversé  en Corse ainsi que pour les différentes minorités, chez elles,  une période très difficile, faite de dénégations des Etats concernés, de répression ; quant à nous, nous avons subi plus de 60 attentats, impunis, des polices parallèles de Francia. Le but était de nous attira dans la guerre civile et nous avons évité d’appliquer la loi du Talion, donc le piège.
  • Naturellement nous nous sommes rapprochés dans le souci d’une internationalisation protectrice – jusqu’à l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République Française, en mai 1981 – avec des flamands (notamment de Mr Coppieters et de  Mr Kuijpers), des Catalans  et en particulier du Président Pujol , ainsi que de toutes les minorités en lutte pour leur reconnaissance (Ecosse, Occitans, Irlande, Pays Basque, Pays de Galles etc .). 
Nous avons toujours trouvé une écoute attentive et en 1980, nous avons organisé, avec la participation de la Diaspora corse, une réunion d’information et de solidarité active, à Ajaccio. Celle solidarité ne nous fut pas ménagée et il est normal, qu’après la tempête, on remercie publiquement ses amis.
  • Nous sommes aujourd’hui réunis Flamands, Catalans et Corses, représentés de façon éminente- au-delà du geste d’amitié et festif-, pour apporter de brèves précisions.
Si les modalités de la lutte ont changé, l’âme et l’essence de celle-ci est resté immuable malgré les avancées démocratiques, institutionnelles et électorales qui n’ébranlent en rien la politique négative de certaines tutelles.
Je voudrais dire clairement :
  • Que notre combat engagé, pour la reconnaissance, la dignité et la liberté, n’a jamais eu pour vocation de démembrer nos  Etats respectifs. Leur intransigeance, leur refus systématique de dialogue ont inévitablement suscité, dans certains cas et suivant les Pays, des actions violentes  que l’on peut regretter mais  qui sont tout à  fait  compréhensibles ; L’objectif a toujours été de faire reconnaître les droits et la légitimité de nos peuples en lutte. Il y aurait suffi une volonté et des évolutions adaptées, conformes aux intérêts légitimes des parties pour prévenir cette évolution.
  • Ce combat, universel, est profondément progressiste, car il s’enracine dans la démocratie, la tolérance et que son socle est constitué par les valeurs de l’humanisme. L’Europe et la Méditerranée  notamment, sont les lieux importants de notre démarche. Encore que nous soyons attentifs, partout dans le monde,  à toutes les atteintes aux droits des peuples. Et contre la démocratie.
Dans les années 70, nous avons jeté les fondements de l’Alliance libre européenne- 46 partis répartis dans 16 Etats-  de l’ALE, à Bastia, à l’Hotel Alivi avec Xavier Belgodere qui était le Secrétaire  général de l’Union du peuple corse ; François Alfons, compagnon de longue route en était le dernier président ; j’ai accepté aussi de  présider, avec le concours de Marie Paule Mancini-Neri, l’association «  l’Europe en Corse », de Septembre 2009 à Février 2016.
Méditerranéen,  je suis profondément européen.
L’UE, était une nécessité et ses pères fondateurs l’ont bien compris : Jean Monet, Robert Schuman, De Gasperi Alcido mais aussi Winston Churchill, Konrad Adenauer et, pour ne citer que les plus éminents.
 L’UE a obtenu des résultats probants, ne serait qu’en réconciliant les belligérants chroniques d’hier (la France et l’Allemagne).
L’UE patauge  et est menacée par les populismes, le Brexit, la dislocation…. elle exige des solutions concertées et des réformes audacieuses. Qui dépassent le cadre de notre réunion de ce jour.
La Catalogne vogue vers la liberté et les refus de  Rajoy n’y changeront rien, malgré le soutien du Président Macron. Ils bravent les lois internationales, se croyant toujours au temps de l’absolutisme royal ; en ayant oublié la Bastille, la décolonisation. Nos les solidarités, éprouvées, qui habitent nos démarches, - généreuses, fraternelles et ouvertes  à tous les peuples, sont les garants d’évolutions positives nous donnant la liberté et la démocratie et  apportant une très modeste contribution à la création d’un monde meilleur, pacifique et plus juste.
 
Je voudrais livrer à votre méditation, pour conclure, deux exemples remarquables, et je note que l’application de ces préconisations de justice et de bon sens aurait évité, si elle avait été respectée des drames inutiles :
Mgr Don Helder y Camara – Evêque de Recife au Brésil : « les situations d’injustice celles-ci produisent un système de protection avec la police et l’armée, les lois qui entérinent les situations d’injustice, l’appareil judiciaire qui défend ses lois…   La violence des situations précèdent donc bien des situations violentes…L’injustice est la véritable source de la violence…Il existe une violence mère qui détermine des réactions violentes. » (Fin de citation).
Le Pape Jean-Paul II : «Si vous les hommes politiques vous ne vous décidez pas et si vous ne réalisez pas les changements qui s’imposent, le champ est livre pour les hommes de violence…Les Droits de l’Homme, les droits des individus et dans leur sillage les droits des communautés sont indispensables…L’homme qui est brimé dans ses aspirations cherche à les réaliser au cours de son existence…Il est prêt à faire n’importe quel sacrifice…et il est impossible de résoudre ses problèmes par l’oppression. La police et les prisons ne fournissent aucune réponse. » (Fin de citation).

Avant de se quitter provisoirement, n’oubliez jamais que :
  • La Liberté seule guide nos pas, inscrits dans le Droit
  • Que la Fraternité et la solidarité cimentent notre amitié, ainsi qu’avec tous les peuples dans les épreuves
  • Que la lutte exclusivement démocratique est nécessaire, capitale et que la non-violence est notre arme absolue
  • Que l’Europe reste un grand dessein à bâtir
  • Que l’espoir nous éclaire
Evivva à libertà

 
Ajaccio le 24 Novembre 2018
Dr Edmond Simeoni
Président de Corsica Diaspora et Amis de la Corse.
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 


Docteur Edmond Simeoni
Spécialiste de Gastro-entérologie - 78 ans
Marié, deux enfants, cinq petits enfants
Militant de la Corse depuis 1960



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