Le blog d'Edmond Simeoni, militant corse de la première heure


Corse : un Parti de Gouvernement : enfin !

Rédigé le Lundi 17 Juillet 2017 à 10:55 | Lu 1327 fois


Gilles Simeoni a effectué une communication relative à la constitution d’un parti de gouvernement. Il était temps car ce problème faisait l’objet de fréquents débats, dans la famille nationaliste modérée, depuis plus de deux ans. Sans aucune conclusion concrète.
L’évolution de la situation politique insulaire rend nécessaire et urgente la préparation, concertée, de cette évolution pour se doter d’un outil majeur, de réflexion et d’action.


POUR ETRE A LA HAUTEUR DES ENJEUX ET DES ESPOIRS, FEMU A CORSICA DOIT DEVENIR UN PARTI DE GOUVERNEMENT

La Corse est en train de vivre une mutation politique majeure. Cette mutation s’est
exprimée dans les urnes à travers trois dates clés :
- les élections municipales de Bastia de mars 2014, qui ont constitué la première défaite
majeure de l’ancien système ;
- les élections territoriales de décembre 2015 qui, en portant les nationalistes aux
responsabilités, ont marqué l’ouverture d’une nouvelle ère pour la Corse ;
- les élections législatives de juin 2017 qui, en désignant trois députés investis par la
majorité territoriale, ont confirmé et amplifié la dynamique enclenchée depuis lors.
La majorité territoriale - ses élus comme les forces politiques qui la composent (Femu
a Corsica et Corsica Libera) - est donc aujourd’hui confirmée dans sa légitimité
par le suffrage universel.
Elle se trouve également confortée dans son action qui, quoique bien sûr perfectible,
aura permis en moins de vingt mois d’engranger nombre de résultats positifs et
d’initier plusieurs démarches à portée stratégique.
Le calendrier va désormais s’accélérer et des échéances importantes se profilent sur
le court et le moyen terme : élections territoriales de décembre 2017, recherche d’une
solution politique globale avec l’Etat, chantiers stratégiques à mener à bien dans les
domaines institutionnel (nouvelle Collectivité de Corse), politique, économique, social,
et culturel…
Ces questions seront bien sûr abordées cet été entre les composantes de la majorité
territoriale, avant une rentrée chargée, et l’engagement de la campagne électorale.
Certains points, comme celui de la reconduction de l’axe Femu a Corsica/Corsica Libera,
qui forme l’ossature de la majorité territoriale « Per a Corsica », ne font pas débat.
Cet axe a en effet été la clé de la victoire de décembre 2015, de la réussite politique
dans l’exercice des responsabilités qui s’en est suivi, ainsi que du succès électoral de
juin 2017.
Il se présente donc comme un acquis majeur et irréversible.
Des questions importantes restent cependant à trancher ou à affiner entre les composantes
de la majorité territoriale, ceci le plus rapidement possible : stratégie électorale
et union au premier ou au deuxième tour, gestion du troisième tour en cas de victoire,
rapport aux autres forces politiques nationalistes et non nationalistes, attitude face à
l’Etat en fonction de l’attitude de celui-ci..
De façon plus générale, je considère qu’il nous faut aussi entendre le message que
nous ont délivré les Corses à travers les dernières élections législatives.
J’en tire pour ma part les enseignements suivants.
Au premier tour, la démarche « Per a Corsica » a fait la preuve de son enracinement
sur tout le territoire insulaire, du Nord au Sud, dans les villes comme dans les villages.
Au deuxième tour, des dizaines de milliers d’électrices et d’électeurs, qui
n’avaient pas voté nationaliste au premier tour, ont décidé de faire confiance à des
candidats qui ont pris l’engagement d’être, en cas d’élection, non pas seulement les
députés de leur famille politique, mais ceux de la Corse toute entière, et de l’intérêt
général. Le même soutien, et pour les mêmes raisons, nous a été manifesté par des
dizaines de maires, traditionnellement non nationalistes.
Cette confiance, celle des citoyens comme celles des élus locaux, nous honore et
nous engage, individuellement et collectivement.
Nous devons y répondre par des choix et des décisions qui démontrent que cette confiance
est justifiée.
En ce qui me concerne, je suis plus que jamais convaincu que notre démarche collective
doit s’appuyer sur deux piliers indissociables :
- la fidélité aux fondamentaux de l’idée nationale, pour lesquels des générations de
femmes et d’hommes se sont battus depuis des décennies ;
- notre capacité à intégrer celles et ceux qui, hier encore, ne partageaient pas nos
idées mais sont désormais désireux d’apporter leur pierre à l’édifice commun : celui
de la construction démocratique d’une Corse émancipée et apaisée ;
J’oeuvrerai bien évidemment pour que cette analyse soit partagée et mise en oeuvre
par l’ensemble de la majorité territoriale.
A ce titre, je considère qu’une responsabilité particulière pèse sur Femu a Corsica, la
formation politique dont je suis issu.

D’abord parce qu’elle est, au plan électoral, la première force politique de la majorité.
Ensuite parce qu’elle a, dès 2010, placé au coeur de son identité politique la volonté
d’ouverture et de création d’un espace de convergence ouvert aux forces vives et à la
société civile.
Femu a Corsica doit donc évoluer fortement et rapidement, et devenir un véritable
parti de gouvernement, adossé à un fonctionnement respirant et démocratique, ouvert
à la société civile, présent sur tous les terrains de lutte et d’action, au plan interne
comme au plan international.
Cette évolution est conforme à la volonté exprimée par la Chjama, Inseme per a Corsica
et le PNC qui ont à plusieurs reprises ces derniers mois acté la nécessité de fusionner
au sein d’une seule et même structure, et se sont souvent regroupés en comités
régionaux « Femu » pour accélérer ce processus.
Elle répond également à l’attente de toutes celles et tous ceux qui désirent nous rejoindre,
aux fins de participer activement à l’oeuvre colossale et enthousiasmante qui
nous attend : construire un pays moderne et développé.
L’adaptation de Femu a Corsica aux enjeux de l’heure est donc un élément indispensable
à la réussite de l’action collective engagée au service de la Corse et de son
peuple.
Pour toutes ces raisons, le moment est venu : Femu a Corsica doit devenir le
grand parti de gouvernement dont la Corse a besoin.
J’appelle donc l’ensemble des responsables et militants des organisations parties
prenantes de Femu a Corsica, ainsi que toutes celles et tous ceux qui, non encore
militants ou adhérents, se reconnaissent dans la démarche de Femu, et veulent
être partie prenante de l’acte fondateur de la création de ce parti de gouvernement,
à participer à une grande réunion constitutive.
Cette réunion constitutive, qui permettra d’acter publiquement notre volonté
commune et de valider les différentes étapes de cette création selon un calendrier
resserré, aura lieu le dimanche 30 juillet 2017 à Corti à 10 heures 30 (Università
di Corsica).


Bastia, u 16 di lugliu 2017
Gilles Simeoni 


Docteur Edmond Simeoni
Spécialiste de Gastro-entérologie - 78 ans
Marié, deux enfants, cinq petits enfants
Militant de la Corse depuis 1960



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