Le blog d'Edmond Simeoni, militant corse de la première heure


Corse : - Edmond Simeoni : 84 ans hier - Edimondu Simeoni : 84 anni eri (Bislingua)

Rédigé le Vendredi 10 Août 2018 à 13:18 | Lu 5837 fois


Je profite de mon 84ème anniversaire pour vous remercier toutes et tous de vos vœux et encouragements. J’ai pensé qu’il était utile, de manière relativement concise, de rappeler le sens de notre engagement depuis 1960, pour déboucher sur la période actuelle et citer quelques pistes pour notre avenir.
Simple contribution à la nécessaire contribution collective.


 (Version bilingue)

 

Depuis 60 ans d’engagement forcené, de lutte au service du peuple corse, porté par des gens de différentes organisations politiques ou de simples citoyens,  on sait, à mesure que l’on se rapproche de la fin de sa propre  vie, qu’il est utile de rappeler de façon brève ce qui était et est resté le sens du combat, depuis le début, avec ses difficultés, la prise de conscience qui a débouché sur la  situation actuelle ; il nous faut aussi penser à l’avenir.

 

Nous ne sommes pas venus  du néant ; nous étions la semence très ancienne d’un petit peuple où les personnalités de Napoléon et à un niveau moindre de Pascal Paoli - ont étonné le monde entier- un petit peuple qui est enraciné dans sa terre, dans ses lieux et dans sa culture ;  ce peuple s’est toujours révolté contre la  volonté des colonisateurs de leur  imposer leurs lois,  de s’emparer de leur terre mais, plus grave encore  de voler notre liberté et déraciner notre identité : les Barbaresques, les Romains, les Génois, les Français et les fascistes ont vu que nous étions un peuple libre, libre, sans entraves et que nous voulions le rester.

 

 Il est certain que les difficultés, les souffrances ont été notre  lot  et que toutes les luttes ont eu leurs héros, leurs  traîtres et ont  mélangé  le courage,  les démissions, les aptitudes et les échecs.  Sans oublier les  violences les vendettas  et  la lutte d’émancipation  qui ont marqué notre communauté, cette dernière étant porteuse  de dérives rares mais coupables, donc critiquées.

 

Aujourd’hui personne ne peut nier que les premiers résultats démocratiques sont là : - le mouvement  national  a supporté  le poids de l’essentiel des luttes

* Victoire politique à la Mairie de Bastia  en 2014

* Victoire à l’Assemblée de Corse en 2017

* A l’élection des députés - trois sur quatre 2017- 

* A la Chambre des Territoires en 2018

* Et aussi qui est-ce qui peut refuser de voir aujourd’hui que  nous avons la responsabilité de conduire la Commission des îles de la CRPM qui ont 15 millions d’habitants.

 

Nul ne peut nier que la démocratie est beaucoup plus respectée qu’avant et que les premières réformes ont été engagées :

* transport et déchets

*gestion honnête

*priorité de l’intérêt général

*stabilisation des Arrêtés Miot

* justice et transparence pour structurer la Collectivité Unique et émanciper la  Corse.

 

 Mais la véritable révolution que nous faisons et que nous vivons aujourd’hui, aura besoin de temps, une ou deux générations pour ensemencer la démocratie et construire le Corse nouvelle. Un temps beaucoup plus court sera  aussi nécessaire pour adapter une gestion responsable et choisir d’autres orientations : économiques, sociales, écologiques ;  il faudra encore du temps pour aménager notre démarche et pour résoudre tous les problèmes de développement, de l’emploi et de la formation, de la santé, du logement et de la précarité…

 

 Mais, la situation du peuple corse demeure dangereuse à cause de l’évolution du monde actuel, mais aussi  à cause des forces conservatrices et de la spéculation ; mais le principal danger vient surtout de l’État français et de son gouvernement actuel,  ainsi que de la convergence pour ne pas dire la complicité de ces acteurs ;  ils n’ont pas changé la politique coloniale en Corse, identique   depuis deux siècles.  Macron est froid,  partisan de la force et  pas du débat démocratique ; il est fermé à toute véritable solution politique et a fait sienne l’analyse de Giscard d’Estaing : «  il y a des problèmes en Corse,  mais il n’y a pas un problème corse » ;  son gouvernement  ne recule pas devant les provocations comme celle par exemple d’avoir charrié en Corse Chevènement pour la cérémonie en mémoire du préfet Erignac.

 

 La Corse a soif de liberté -depuis toujours -, de démocratie, de dignité et de développement depuis 60 ans ;  la Corse dispose de cartes maîtresses pour préparer l’avenir, comme  sa diaspora de grande valeur,  mais aussi une épargne de 10 milliards d’euros, sans oublier les richesses naturelles importantes et une jeunesse volontaire.

 

 Comment faire reconnaître notre peuple ? Comment acquérir la liberté et  protéger la terre ? Comment agir et lutter ?  Comment construire un Pays de droit et  de développement plus juste et plus égalitaire et qui doit reposer sur les principes de l’humanisme ? Surtout, il faut écarter toute idée d’utiliser la force et la violence, ainsi que la rupture avec l’Etat français. Un Statut de véritable autonomie et dans le cadre de la République française, nous semble raisonnable. C’est notre revendication inchangée depuis 1973.

 

Oui, mais comment agir ? Comment faire ? Comment construire la démocratie et notre Pays ?

 

Le premier objectif est d’accroître la conscience ici et dans la diaspora puis, de façon loyale, de travailler avec toutes et tous dans une société apaisée et de chercher, en vue de l’union sur tous les terrains,  des solutions, des contrats électoraux et des concertations. 

 

 La Corse, en souffrance, a perdu ses valeurs de travail,  de respect et d’honnêteté. ; l’intérêt général s’est dissout dans les égoïsmes et dans l’argent. C’est pour cette raison que la priorité doit être donnée fermement et partout à la démocratie,  à l’éthique, au civisme, sans faiblesse, priorité aussi,  à l’éducation et à la formation dans le respect de la liberté,  du partage,  de la fraternité et de la  solidarité.

 

Dans tous les domaines, le challenge  majeur pour enraciner la paix  et faire progresser la société de manière plus juste et plus équitable.

 

Le Peuple Corse – corses d’origine ou corses d’adoption,  corses qui vivent  ici ou dans la diaspora  - ils sont environ 1 million-  ne doit pas craindre l’ouverture, la compétition et il doit  refuser l’autarcie et le racisme,  tous deux mortels.

 

 Du même mouvement et dans le même temps, il faut internationaliser l’information sur la Corse - il existe une opinion et une conscience publiques internationale - ,  chercher des partenaires économiques et culturels échanger tous ensemble les idées et les projets …  L’Europe,  la Méditerranée et le monde  nous sont ouverts avec les voyages, les réseaux de communication les marchés, les conférences.

 

La lutte – responsable et pacifique -  est capitale pour briser la soumission coloniale : des manifestations, des élections,  de la créativité… La non-violence est une arme utile qui sert la paix ; le peuple corse doit y trouver sa place et s’impliquer dans ce combat car les opportunités sont importantes et les résultats assurés.

 

Bien sûr nous n’avons pas une quelconque prétention de choisir ou d’imposer une route ; de facto nous voulons une simple et brève contribution  pour  la recherche collective d’une solution adaptée pour traiter « la question Corse ».

 

 

Rien ne pourra arrêter la marche du peuple corse vers la liberté et sa volonté de participer, à un niveau modeste,  au débat démocratique avec  tous les peuples du monde. Il tient sa force et sa légitimité de l’histoire et du droit international «tout  peuple a le droit de choisir son destin  de manière libre » comme le préconise l’ONU : « tout peuple a droit à l’autodétermination ».

 

Engageons-nous avec conviction et courage. La liberté nous attend.

 

 Docteur Edmond Simeoni

Lozzi le 11 août 2018

 

N.B : Merci à toutes et à tous  pour vos vœux

 

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Corse :  Edimondu Simeoni, 84 anni  eri - (Bislingu)

Dopu à sessant’anni d’impegnamentu arrabiatu, di lotta à u serviziu du  populu corsu, purtatu di ghjente di sfarente organisazione pulitiche o da semplici citadini, sapemu, à misura chi noi s’avvicinemu à a fine di a nostra vita, è ghjè  utile di ramintà la à l’accorta, cio chi era è hè firmatu u sensu di u cumbattu à l’iniziu, i strazi, a presa di cuscenza chi ha sbuccatu nant’à  situazione attuale ; mà chi vole dino pensà l’avvene.

Un si micca nati di nunda ; eramu a sumente assaï anziana d’un picculu populu – induve e parsunalità di Napulione è à un altru livellu, di Pasquale Paoli  hanu stunàtu u mondu sanu- populu chi   arradicatu ind’è a so tarra, à i so lochi, à a so cultura ; issu populu si hè sempre vultatu contra a  vulintà di i culunizatori d’impone li e so legge, di piglià ci a nostra tarra ma, più , si vene à di arrubà a nostra liberta è sradicà a nostra identità : i Barbareschi, i Rumani,  i Genovesi, i Francessi, i fascisti hanu vistu chi noi eramu un populu, libaru è senza pastoghje. E u vuliamu firmà.

Di sicuru chi i strazi, e suffrenze so stati nostri é chi tutte e lotte hanu avutu eroï é traditori,  hanu imbulighjatu  u curagiu  è è demissione, è  capacità è i fiaschi ; senza scurdà si di e viulenze di e vindette, di a lotta d’emancipazione    chi  hanu castigatu u nostru populu, suminate che’llè so stade, pè issu ultimu duminiu, di derive rare ma culpevule è dunque criticate.

Oghje nimu ùn po nigà chi i primi  risultati  demucràtichi – u muvimentu naziunale ha purtatu u pesu di u massimu di e lotte- so qui : vittorie pulitiche in Bastia, in 2014,  à l’ Assemblea di Corsica in 2017 , à l’elezzione di i deputati –tre eletti nant’à quattru in 2017- à a Camera di i Territorii in 2018 è dino in parrechje  cumune ; quale hè chi po rifusà di vede chi, oghje, avemu a rispunsabilità di conduce  a Cummissione di l’Isule ( CRPM) chi hanu 15 milllioni d’abitanti !

 Nimu ùn po nigà chi a demucrazia hè assa pïù rispettata chè nanzi é chi e  prime riforme so state  ingaghjate : trasporti, rumenzula,  gestione onesta , priurità di l’intaressu generale, stabilisazione di l’Arrestu Miot, ghjustizia  è trasparenza pè strutturà  a « Cullettività unica » è emancipà a Corsica.

Ma a vera rivuluzione chi noï femu oghje è chi noï campemu avà,  avarà bisognu di tempu, di una o duie  generazione, per suminà a demucrazia é custrui una Corsica nova. U tempu, più cortu, hè necessariu dino  per  piglià u versu d’una gestione rispunsevule, sceglie altre orientazioni economiche é suciale, eculogiste  é culturale ; ci volera u tempu pè almanaccà un altra andatura ; è sempre u tempu ci vulerà torna per risolve tutti i prublema di sviluppu,  di l’impieghi, di furmazione di l’omi , di salute, d’alloghju, di precarità…

 

Ma a situazione di u populu corsu ferma  periculosa, à causa  di  l’evuluzione di u mondu attuale, à causa dino di è forze cunservatrice é di a speculazione ; ma u periculu vene  sopratuttu di  u Statu francese é di u so guvernu attuale ; a cunvergenza,- pè un di a so cumplicità-, un n’hanu micca cambiatu à so pulitica culuniale in Corsca, sempre listessa dapoï dui seculi.  Macron hè freddu, partigianu di a forza é micca di u cuntrastu democraticu , chjosu à tutta vera suluzione pulitica é dice cume Giscard «  ci so i prublema in Corsica ma micca un prublema corsu »; ma u so gouvernu ùn rincula micca davanti à e pruvucazione , cume quella di trascinassi in Corsica Chevènement, pè e ceremonie in mimoria di u prefettu Erignac.

A Corsica ha a sete di libertà, -dapoi sempre  di demucrazia-, di dignità è di sviluppu -dapoï   sessant’anni-  ;   a Corsica dispone di carte maestre per priparà l’avvene (diaspora, di prima trinca, risparmiu  di decece milliardi d’aureÏ,  richezze naturale impurtante, giuventu vulintaria…

Cume fa ricunnosce u nostru populu ? Cume acquistà a libertà ? Prutegge a tarra ? Cume agisce è luttà ? Cume custrui un Paese di drittu è di sviluppu,  piu ghjustu è più ugualitariu e chi deva ripusà  nant’a è regùle de l’umanisimu.

Soprattutu ci vole à scantà  l’idea d’aduprà a forza, l’idea di viulenza o di rumpitura incù u statu francese. Un Statutu di vera autonomia, ind’è l’Auropa è ind’è a Republica francese ci pare ragiunevule. Hè sempre a nostra listessa rivindicazione dapoï 1973. U mondu sanu l’ha aduprata.

Ma tandu cume agisce ?  Cume fa? Cume custrui  a demucrazia é u  nostru Paese ?

U primu scopu hè di fà cresce a cuscenza qui é ind’è a diaspora ; poi, di manera fidata , di travaglià incù tutte é tutti ind’è une sucietà appaciata , per circà l’unione quandu ellu hè pussibile ind’è a ricerca di suluzione, per l’elezzioni è incù i cuntratti.

A Corsica, tribbulata,  ha persu i so valori di travagliu, di rispettu, d’onestà ;  l’interessu generale s’hè scioltu ind’è l’egoïsmi  é davanti u soldu . Hè per quessa chi a priurità deve esse data, di manera ferma è  in ogni locu, à a demucrazia, à l’etica, au civismu,  -senza dibulleza-, à l’educazione é à a furmazione ;  ind’è u rispettu di a ilbertà è  di u spartimentu , di a fratellanza, di a sulidarità.

 Indè tutti i duminii  a scumessa hè maio pè arradicà a pace é fà cresce u prugressu di manera più ghjusta, più é megliu  scumpartutu.

 U populu corsu – Corsi d’origine o Corsi d’adduzione, Corsi chi so qui é quelli chi campanu ind’è a diaspora-chi so ou forse  vicinu à un millione-  ùn deve micca leme l’apertura, a cumpetizione, rifusendu l’autarchia, u razzisimu, tutti è dui  murtali .

E ind'è u listessu passu é ind’e u listessu tempu, ci vole à internaziunalizà l’infurmazione nant’à a Corsica,- esistenze un'opinione è una cuscenze internaziunale - circà partenarii , économichi è culturali, scambià inseme l’idee è  i prugetti… ; l’Auropa, u Mediterraniu,  u mondu so aparti, incù i viaghji , e rete di cumunicazione,  i marcati, e cunferenze …

A lotta – rispunsevule è pacifica-  hè capitale per rompe  a sottumisione culuniale : manifestazione, infurmazione, alizzione, creatività… A No-viulenza hè un arma utile è di pace induve u populu corsu si deve impegnà, chi e pussibilità qui so maestre. E i risultati assicurati.

Di sicuru, ù n’avenu nisuna pretinsione di sceglie o d’impone una strada ; di fatti, si vole una semplice é corta cuntribuzione à a ricerca cullettiva di una suluzione  adatta per trattà a « quistione corsa ».

Nunda un puderà para à marchja di u populu  corsu versu a libertà é a so vulintà di participà, à un livellu mudestu, à u cuntrastu demucraticu di tutti i populi di u mondu. Tene a so forza, a so lighjitimità di a storia, è di u dirittu  internaziunale « Tuttu populu ha u drittu di sceglie u so distinu di manera libara » ; cume a dice l’ONU : « tuttu populu ha drittu a l’autodeterminazione ».

 Andemu ci incù cunvizione, è curaggiu. A libertà ci aspetta.

Duttore Edimondu Simeoni

Lozzi u 11 d’ Aostu 2018

 

N.B : Tante  grazie  a tutte è a tutti pè i vostri auguri

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




 


 
 

 


Docteur Edmond Simeoni
Spécialiste de Gastro-entérologie - 78 ans
Marié, deux enfants, cinq petits enfants
Militant de la Corse depuis 1960



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