Le blog d'Edmond Simeoni, militant corse de la première heure


Aorta team latitude : Théâtre de Bastia

Rédigé le Jeudi 5 Octobre 2017 à 14:11 | Lu 131 fois


La démonstration a été faite par les promoteurs du colloque, que la Corse était accessible aux débats de haute technologie. En effet, près de 300 spécialistes de très haut niveau, ont pu échanger, sur toute la pathologie chirurgicale de l’aorte, tant à Bastia qu’à l’Université de Corse, les différentes collectivités honorant à travers un excellent accueil, une réputation d’hospitalité et de disponibilité. Nos amis de la diaspora ont joué un rôle important dans cette initiative, qui, il faut le souligner, n’a pas mis à contribution les finances locales ; en effet, les sponsors ont financé le colloque. Qu’ils en soient remerciés.
Nos visiteurs ont pu apprécier la chaleur de l’accueil, la qualité de la gastronomie, la conférence de qualité de madame Barbara Cassin,- philosophe et spécialiste des traductions-, ainsi que le magnifique spectacle culturel offert par le groupe Barbara Furtuna, dans le cadre remarquable de la cathédrale Sainte Marie, avec une assistance comble et comblée.
Il m’a été demandé, de donner un bref éclairage aux congressistes sur la santé en Corse, à lire ci-dessous :



Mesdames et Messieurs, chers confrères,

Santé et Insularité
Aorta Team Latitude in Bastia  Corsica, un slogan ? Non, un choix réfléchi, voulu, pour une certaine conjonction de paramètres intéressants. Choix organisé par le Professeur Jean Philippe Verhoye-Rocchesani, - un compatriote et un ami- avec son équipe et le concours notamment du Professeur Josette Dall’ava Santucci, promotrice de l’Université de Corse et particulièrement active dans la diaspora, depuis l’origine..
En tant que médecin, je note que Aorta team latitude  est une synthèse et que l’aorte est  le principal canal de vie ; que le collectif est la garantie de l’intelligence partagée et de l’efficacité ; que l’échange des savoirs est un impératif de solidarité ; je me réjouis de votre contact avec cette terre de Corse, qui est abonnée, depuis des siècles, à la quête chronique de la liberté et qui se glorifie de conserver et de promouvoir une volonté d’humanisme, une tradition d’accueil et de fraternité, une soif d’apprendre et d’hospitalité.
Santé et insularité.  Je prendrai le cas de la Corse, non pas par volonté de nombrilisme mais parce que je connais bien le terrain que j’arpente depuis des décennies et que j’ai pu y suivre l’évolution, des techniques, des réglementations et des pratiques. Et que l’insularité est une donnée prégnante et omniprésente  dans la « question corse » .
*La médecine est une tant au point de vue de sa  philosophie que du sens et de ses objectifs ; ses impératifs sont partout le mêmes ; certes les distinctions sont inévitables entre public, privé, médecine scolaire, civile, sportive etc.
Les conditions d’exercice sont différentes suivant le degré de développement des différents Pays ou encore en milieu rural ou urbain.
*L’insularité est un paramètre important dans l’exercice médical ; il concerne,  pour les îles de l’UE, environ 25 millions de personnes et désormais la Corse assume la présidence de la Commission de ces îles avec une mission ambitieuse et complexe : faire admettre à l’UE et donc lui demander d’adapter ses politiques en fonction des  critères d’éloignement, d’insularité, d’importance des frais d’approche,- maritimes et aériens-, de l’éventuel  caractère montagneux des territoires. Cette revendication est fondée, légitime et nous pensons qu’elle sera retenue.
*A l’intérieur de l’île, la problématique médicale, outre la désertification,  est complexifiée par la difficulté à trouver et à fixer des médecins généralistes, à être éloignés de centres de diagnostic et de traitement. Les montagnes, le cloisonnement des vallées, un réseau routier de moyenne qualité, le climat parfois rude en hiver,  compliquent l’équation.
*J’ai pu constater, sur le terrain l’évolution de la situation en 60 ans ; en ville, les structures de soins (publiques et privées) sont satisfaisantes. Alors que hier dans la ruralité, faute d’une prévention insuffisante, nous avons eu à pâtir dans les plaines littorales du paludisme, de la brucellose et de l’hydatidose.
 Les services d’urgences internes et externes : les SAMU, les évacuations sanitaires vers la France continentale (EVASAN) fonctionnent correctement.
* Il est intéressant de noter que, sur le plan de la santé animale et végétale, la Corse insulaire, est fortement impactée par la Xylella Fastidiosa qui détruit les végétaux, par la maladie de la langue noire de la brebis, importée de Sardaigne ; et aussi par le Cynips du châtaignier, dévastateur et qui a heureusement  trouvé un prédateur naturel, le torymus. Il est regrettable que ces affections, dont le foyer initial se trouvait en Sardaigne, en Italie du Sud n’est pas déclenché l’alerte en Corse où des mesures de protections auraient pu être prises en temps utile.
La formation en médicale en Corse bénéficie de deux écoles d’infirmières, de nombreuses structures hospitalières, essentiellement urbaines, ainsi que de la première année de médecine à l’Université Pasquale Paoli à Corté.
*L’île est confrontée à la faiblesse de sa population  (320.000 habitants), aux difficultés d’accès. Il faut chercher essentiellement dans la prévention, le dépistage, la vigilance sanitaire, le seul moyen rationnel pour diminuer la facture du coût de la santé. En effet, notamment, les maladies cardio-vasculaires, le diabète, l’obésité des jeunes, les cancers du poumon dus essentiellement au tabagisme, constituent une hypothèque majeure.
La politique de prévention, doit être pensée, réfléchie et mise en place progressivement comme une donnée fondamentale de la santé en Corse ; car nous ne pouvons pas nous engager, sauf à se condamner à l’échec, à courir après des évolutions technologiques et des équipements très onéreux et qu’il sera impossible d’adopter ici, à cause de la faiblesse démographique.
Cette politique doit être complétée et enrichie par une politique d’éducation de la population et tout particulièrement de la jeunesse, ainsi que l’inclusion des pratiques sportives dans tous les domaines de la société.
Naturellement, la responsabilité de la santé publique incombe à l’Etat, et les efforts sont consentis par l’Agence Régionale de Santé (ARS), en partenariat avec la Corse. Les progrès en équipements, en structures sont tangibles ; notamment, la Côte Orientale pâtit dans ce domaine. Les maisons de santé sont très utiles pour regrouper des compétences micro-régionales. 
 
Docteur Edmond Simeoni
Bastia le 29 Septembre 2017
 




Cathédrale Sainte Marie, avec le groupe Barbara Furtuna
Cathédrale Sainte Marie, avec le groupe Barbara Furtuna


Docteur Edmond Simeoni
Spécialiste de Gastro-entérologie - 78 ans
Marié, deux enfants, cinq petits enfants
Militant de la Corse depuis 1960



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