Le blog d'Edmond Simeoni, militant corse de la première heure



Traversée à la nage : La Corse – Cassis (suite)

Rédigé le Mardi 10 Septembre 2013 à 09:53 | Lu 770 fois



Traversée à la nage : La Corse – Cassis (suite)
Dans un article précédent, nous avions relaté le magnifique challenge organisé par Henri Parsi, Président de Presenza Corsa, en partenariat avec la FRACC que préside José Lapina ; le but était humanitaire : sensibiliser l’opinion publique Corse et continentale au cas des enfants malades de l’hôpital La Timone et collecter des fonds à leur profit.
L’objectif était de rallier à la nage la Liscia (Calcatoghju) à Cassis soit 300 km au total, dans un raid éprouvant de 300 km. Il a donc été constitué une équipe de cinq nageurs, se relayant 24 heures sur 24, avec Laurent Demola, chef d’équipe, Myriam Rossi, Nicolas Esteban, Nicolas Costa, Alain Amar ; ils étaient escortés  par un bateau ayant un service médical à bord sous la responsabilité de Sophie Platon infirmière. Il m’a semblé utile et instructif de reproduire le compte-rendu de la traversée qui a été rédigé, sous forme de « carnet de bord » par Laurent Demola.
Les commentaires sont inutiles : le dévouement associatif, l’amour des autres et en particulier des enfants malades, des partenaires et des sponsors mobilisés, une équipe sportive préparée au challenge et hyper motivée, la commune de Calcatoghju, des amis continentaux et corses portant nos messagers…et tant d’autres.


« Traverser main dans la main cette grande étendue devenue espoir pour les enfants malades. Nous avons réussi, sans gloire mais avec honneur et humilité. Miria en tête, nous partîmes. Ce petit bout de femme mit un point d’orgue à rythmer le défi, et il ne cessa d’augmenter ! Deux heures plus tard, premier relai… Au large nous vous voyions encore dans nos coeurs, et à l’idée de savoir que vous fêtiez notre départ des ailes ou plutôt des nageoires nous ont poussé.

En effet, la façon dont nous avons été accueillis en Corse, la fête organisée, la présence de nos marraines (Mme Vautrin et Madame Dumas), les francs sourires, les regards chaleureux, les parapentes dans le ciel, les cornes de brumes dans nos oreilles… Toutes ces choses nous ont donné encore plus de force et de volonté. Ce fut un des premiers souvenirs intenses de cette traversée.
Ce que nous avons vécu dans l’eau et à bord du bateau, j’aurai du mal à vous le résumer en quelques paragraphes. Comment vous décrire l’indescriptible ?
 C’est une grande histoire. L’histoire de dix personnes ayant des valeurs communes. Dix personnes différentes mais armées du même espoir. Dix personnes qui ont mis leurs diverses compétences au service d’un défi. Et lorsque ces personnes qui se connaissent peu se rencontrent cela devient juste magique ! Cette magie, que nous avons tous créée, s’est propagée tout au long de cette traversée.

A commencer par le vent, qui fut toujours en notre faveur. Il y eu certes une tempête, une trentaine d’heure après notre départ, gérée avec brio par Fabien, notre skipper. Celle-ci nous permit d’être encore plus proches les uns des autres. Obligés de subir les éléments et de fuir la violence de la météo, nous nous sommes retrouvés encore plus solidaires.
Cette tempête nous a donné la chance de vivre un beau moment de partage autour d’un repas à terre, loin de la mer déchainée. Ces 20 heures sans nage ont donné lieu à de joyeux échanges, des fous rires, et un repos salutaire pour tous. C’est encore plus complices que nous repartîmes à l’endroit même où nous avions arrêté de nager pour continuer le défi. La mer fut plus clémente par la suite.

Plus clémente et même généreuse lorsque certains soirs, par un magnifique coucher de soleil, les dauphins venaient nous rendre visite et jouer avec le bateau. Nous croisâmes aussi une baleine et un banc de thon.

La nature nous a offert tant de choses merveilleuses… Des nuits éclairées par la pleine lune, un ciel rempli d’étoiles scintillantes, des couchers de soleil rendant l’horizon resplendissant. Ce fut le quotidien de cette aventure. Nous l’avons pris comme un cadeau, tous ébahis par une telle beauté qui nous accompagnait à chaque instant.
Si mère nature fut généreuse, elle nous réserva aussi quelques surprises moins sympathiques. Les bancs de méduses furent nombreux et donna lieu à des piqures plus ou moins violentes. Nicolas Esteban s’en souvient encore, lorsqu’une nuit, une de ces bestioles s’accrocha férocement à son cou occasionnant une large brûlure. Sophie, notre infirmière, su rapidement calmer la blessure et celui-ci pu reprendre la nage au relai suivant.

Outre les méduses, il y eu l’appel au secours des corps fatigués. Crampes musculaires, peau lésée par le frottement des combinaisons, mal de mer pour certains, insomnie pour d’autres. Tous ceci, nous nous y étions heureusement préparés physiquement et mentalement. Le kiné, Franck, fit tout son possible pour nous remettre en forme, et lorsque la fatigue s’emparait de nous Cédric, notre coach, arrivait toujours à nous booster et nous encourager à toujours aller de l’avant !

Vous l’aurait donc compris, tout s’est bien passé et NOUS AVONS REUSSI !

Grâce à une équipe fédérée, grâce aux enfants : notre leitmotiv. Il nous fallu au total 79 heures de nage pour parcourir 320 kilomètres et arriver à Cassis.
Les derniers mètres avant notre arrivée furent particulièrement émouvants. C’est tous ensemble, les deux Nicolas, Alain, moi-même et notre Miria que nous les avons parcourus quasiment main dans la main.

Au delà de tout cela, l’équipe au complet et moi-même gardons un souvenir inaltérable de cette magnifique aventure… » (fin de citation)


Docteur Edmond Simeoni
Spécialiste de Gastro-entérologie - 78 ans
Marié, deux enfants, cinq petits enfants
Militant de la Corse depuis 1960



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