Le blog d'Edmond Simeoni, militant corse de la première heure


Omertà et Maffia: la mystification

Rédigé le Jeudi 22 Novembre 2012 à 09:52 | Lu 862 fois



Omertà et Maffia: la mystification
Après les récents assassinats, les mots « Omerta » et « Maffia » sont utilisés
en boucle, par de nombreux media, français principalement et, fait plus
grave, par de nombreux dirigeants politiques français, - Ayrault, Valls…-
pour comprendre, expliquer, juger, trancher, la situation corse. Ainsi, par
ces qualificatifs inappropriés, les premiers se rassurent – le problème corse
est circonscrit, sans risque de contagion hexagonale, sans solution, et il
ne concerne que la Corse, évidemment inamendable-, les seconds nous
mentent sciemment pour tenter de se dédouaner de leur incurie et culpabiliser
les Corses, nécessairement complices puis qu’ils savent et se taisent. Ces
politiciens, fins stratèges, tentent aussi, de manière concomitante et feutrée de
discréditer, de marginaliser le mouvement national.

Ainsi, le nationalisme est mis en cause à travers des raccourcis, des mensonges
scandaleux, des amalgames. La boucle coloniale est à l’œuvre, sur un fond larvé
de racisme anti-corse, avec le trépied : Omertà, Maffia, Nationalisme.

Quelques précisions s’imposent :

* la maffia n’existe pas en Corse : où est l’organisation pyramidale,
tentaculaire, infiltrant tous les cercles de décision politiques, économiques,
administratifs,- locaux et étatiques- ? Par contre, tous les ingrédients pré-
mafieux existent, sont anciens et se renforcent : adémocratie, économie de
médiocrité, de pauvreté et de spéculation, Etat bravache mais faible, fermé au
dialogue et à une véritable solution politique, violences multiples…

* L’omertà, mot fortement connoté, a un parfum d’exotisme insulaire ; la Corse
a, comme partout ailleurs, un fort pourcentage de « balances », de bavards,
d’imbéciles. Mais aussi beaucoup de gens qui ont des principes, sont fermés
à la délation et qui retiennent les leçons de l’Histoire : tous les pouvoirs de
tutelle en Corse, depuis des centaines d’années, ont imposé des politiques
coloniales, répressives, corruptrices, accompagnées par leur justice, leur police
qui apparaissent comme les armes privilégiées de ceux qui nous privent de
liberté ; si on ajoute, une société locale de proximité, de parentés intriquées,
de prudence, d’instabilité des situations générant des risques, de menaces
potentielles, on comprend le mutisme justifié de nombreux citoyens. Pas
suicidaires…

* L’ordre public, « républicain » -le mot est trahi dans son essence et le concept
de République dans son sens et ses principes-, relève de la compétence
exclusive de la France, avec évidemment nos défaillances locales ; la faillite
en Corse est totale, séculaire ; elle ne relève ni du hasard, ni de la génétique,
ni de la fatalité ; elle est le résultat indiscutable d’une politique. L’Etat doit
boire le calice jusqu’à la lie, assumer le désastre ; et non pas imputer à d’autres
ses propres turpitudes et, en prime, les insulter. Ainsi, au lieu de se réformer,
de dialoguer, l’Etat, par ses artifices, ses mensonges, ses diversions, ses
accusations infondées, nous entraîne délibérément vers l’abîme…. Si nous y
consentons.

Des Corses sont peut-être des Cons pour gober des inepties mais pas tous ;
des Corses sont aveuglés ou sont corrompus et veules mais pas tous ; des
Corses ont peur devant une situation dégradée et une carence étatique
abyssale ; mais ils sont suffisamment nombreux et lucides pour ne pas
déserter ou confier à l’Etat et à l’Assemblée de Corse seuls, les clés de la
résolution de la « question corse » qui met en jeu leur propre existence
collective. Le défi est collectif- ici et dans la diaspora- et historique. Il sera
relevé.

Nous approchons de l’heure des comptes. La vérité est masquée, travestie
depuis des lustres ; contenue, dénaturée, dévoyée, elle va nécessairement
éclater, situer les responsabilités, à travers le bilan de la politique de l’Etat
dans l’île, devenu inexorablement public : l’heure du droit et de la justice
sera proche alors.


Docteur Edmond Simeoni


Docteur Edmond Simeoni
Spécialiste de Gastro-entérologie - 78 ans
Marié, deux enfants, cinq petits enfants
Militant de la Corse depuis 1960



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