Le blog d'Edmond Simeoni, militant corse de la première heure


L'environnement: la rançon du succès

Rédigé le Samedi 29 Décembre 2012 à 10:30 | Lu 742 fois



L'environnement: la rançon du succès
La Corse recèle un tel capital de beautés naturelles  qu’il était impossible d’enrayer un triple et inévitable mouvement : celui des  appétits spéculatifs ; celui des luttes acharnées pour défendre l’île et enfin la généralisation, la vulgarisation, souvent médiocre, du thème porteur de l’environnement ; mais dont les effets collatéraux positifs sont indéniables

Jusqu’à 1950, Cendrillon, la belle endormie, vivait heureuse et cachée, même si l’aura napoléonienne ou, à un degré moindre, la stature de Pasquale Paoli, l’homme des Lumières, suscitaient l’émerveillement international ; quelques esthètes, quelques pionniers, quelques personnalités emblématiques comme Lady Dorothy Carrington lui conféraient une minuscule fenêtre de visibilité, à l’extérieur.

La France n’a jamais consenti en Corse le nécessaire effort pour le développement, pour l’égalité, pour la justice, pour la démocratie ; elle a pris dans l’île, - dont la loyauté a été remarquable depuis deux siècles- ce qu’elle avait de meilleur - les hommes er les femmes- pour ses guerres, sa fonction publique métropolitaine et coloniale ; puis, dès 1950, jaugeant les immenses ressources naturelles dans l’île, elle a entrepris d’en éradiquer définitivement la culture nationale,  le peuple qui restaient les seuls remparts à l’achèvement de sa politique coloniale. La France s’est trompée ici comme elle s’est trompée en Indochine, en Algérie.
L’agression, son caractère organisé, ses buts alors affichés, devaient progressivement mobiliser les consciences insulaires ; dès 1960, naissait la résistance contemporaine et le thème de l’Environnement devait y tenir une place croissante ; après l’Argentella, les Boues Rouges en 1973, la Carbo-Sarde et la Centrale Thermique du Vazziu en 1979, la Corse se révélait comme le premier contestataire organisé contre les pollutions de toute nature. Ces premiers mouvements on été créés et/ou animés par les nationalistes ou les Verts, notamment dans le Comité Anti-Vazziu. Pugnaces, documentés, ils ont donné à la revendication identitaire une coloration écologique.
Puis, la démarche écologique s’est étoffée, diversifiée ; dans les années 1980 et suivantes, on a vu poindre et pousser l’arbre vert. Ecologiste par nature mais prédateur par habitude et laxisme, le peuple corse a souvent suivi avec amusement au début, les protestations des Verts ; puis l’attention est devenue plus soutenue avec les dossiers de Canari, de Tchernobyl ; dès 1990, la composante écologique organisée de la société corse s’est impliqués chaque jour davantage dans les intérêts collectifs de la Corse ( identité, culture, santé, développement…).
Qui ne mesure aujourd’hui le travail considérable effectué depuis des années par les nombreuses organisations écologiques conduites  notamment par u Levante ? Sur tous les fronts de la défense de l’Environnement, elles ont lutté, analysé, mis en garde, interpellé l’Etat ; elle sont à l’origine de l’annulation de tous les PLU invalidés ; mais  malheureusement parce que l’Etat ne fait pas appliquer la loi- il œuvre consciemment à la dépossession de la Corse-, l’aliénation de la terre, des maisons, couplée avec une arrivée continue et massive de non-corses, poursuit ses ravages.
 
Les écologistes  n’ont jamais revendiqué d’honneurs ou de postes électifs ; la famille nationaliste modérée ne les a pas traités de manière équitable et respectueuse lors du scrutin territorial de 2010. Chacun devrait réfléchir  sur cet exemple concret d’engagement, d’efficacité ; la somme des victoires est impressionnante et ne peut être niée, en dépit de quelques contestations ponctuelles et de la querelle qui a opposé l’Université au Collectif Loi Littoral, querelle dont la solution sera in fine judiciaire. La Garde, la Comité anti-Vazzio, le Collectif Loi Littoral, le Collectif contre l’Incinération, le Collectif contre le fuel lourd, les associations ABCDE, pour le libre accès aux plages, a Sintinella, Aria Linda et d’autres ont écrit avec leurs militants, des pages remarquables de défense des intérêts du peuple corse, soutenus dans leurs différentes démarches par le mouvement national et souvent par les forces de progrès. Ce fut le cas notamment pour le funeste Padduc ou les synergies ont été efficaces. A méditer.


Docteur Edmond Simeoni
Spécialiste de Gastro-entérologie - 78 ans
Marié, deux enfants, cinq petits enfants
Militant de la Corse depuis 1960



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