Le blog d'Edmond Simeoni, militant corse de la première heure


Cuntrastu: Pierre Ghionga

Rédigé le Jeudi 21 Février 2013 à 10:08 | Lu 773 fois



Cuntrastu: Pierre Ghionga
Pierre Ghionga est un médecin rural, de qualité,  et fort occupé par ailleurs : membre  très actif du Conseil Exécutif, Conseiller Général de Corté, président de l’Office de l’Environnement de la Corse, il est, en outre,  en charge de la langue corse, un domaine où il est particulièrement utile. On est un peu surpris qu’il reste partisan du cumul des mandats. Il l’assume au nom de l’efficacité !

Pilier de l’équipe de Paul Giaccobi dont il est proche ,  l’homme est avenant, corsophone ; doté d’une grande capacité de travail –attestée par la connaissance des dossiers- et d’engagement, il émerge par la clarté et la fermeté de ses positions dont il est impensable qu’elles relèvent de ses simples convictions personnelles.
Lors du Cuntrastu du 17 Février 2013, il a confirmé ou révélé un certain nombre de choix, très intéressants dans le contexte actuel de la Corse ; ainsi, on ne le savait pas fédéraliste convaincu, c'est-à-dire aux antipodes de « l’Etat-Nation », jacobin et centralisateur. Option rare dans le système politique corse, à droite et à gauche !

Il est partisan de la coofficialité, du statut de résidence- cinq ans pour acquérir du foncier, en vue de construire-  ; il pense que la fiscalité doit être aménageable de même que les départements qu’il souhaite maintenir, mais modifier. Selon lui,  la sortie de la crise doit reposer sur un Nouveau Statut et être sanctionnée par un référendum, ouvrant démocratiquement la voie à l’indispensable Réforme Constitutionnelle. Pierre Ghionga ne peut envisager un refus de l’Etat.

Certes, les positions du Conseiller Exécutif ont une importance évidente ; mais, elles prennent davantage de sens et de peretinece si on les examine sous un angle double :
* Il fait partie de l’Exécutif  et est proche de Paul Giaccobi ; or, celui-ci a plusieurs reprises a montré son intérêt pour la reconnaissance et l’institutionnalisation de la spécificité insulaire, sans aucune crainte pour une évolution vers l’Autonomie ; des avancées importantes sont en gestation, notamment en matière de langue, de foncier, d’énergie, de Padduc dont le préambule inclut un paragraphe consacré au peuple corse ; lors de la crise actuelle, ouverte par la décision du Conseil Constitutionnel sur les ex « Arrêtés Miot, » l’Assemblée de Corse a pris des décisions claires, relatives à la nécessité d’une prolongation du satu-quo, jusquà 2017 puis à la préparation de la cession de la maîtrise fiscale, en matière de successions, à notre institution. Dans ce dossier, la synergie entre l’Assemblée et le Collectif de la Société civile, animé par Me Alain Spadoni- artisan de la riposte populaire massive- a bien fonctionné et est prometteuse pour l’avenir.

On doit ajouter que la Commission des Affaires législatives et réglementaires, présidée avec talent par Pierre Chaubon, effectue un travail soutenu sur des sujets majeurs, désormais proches de la maturité.

* Par ailleurs, le contexte insulaire a changé, expliquant et justifiant l’évolution de Pierre Ghionga : la Corse montre, en permanence, surtout depuis les élections territoriales de 2010, que le grand virage de la novation des idées et des comportements a été amorcé, que l’avenir est dans le mouvement et non dans l’immobilisme ; aujourd’hui, on peut affirmer, sans outrance, que le clan des conservateurs à droite et à gauche – élus et population- pèse en Corse entre 25 et 30°/°maximum. Il n’est plus en mesure d’empêcher ni de retarder la Corse d’évoluer de manière positive.

Le dernier Cuntrastu a contribué, par petites touches, à éclairer d’un jour nouveau  la problématique corse ; il appartient au peuple corse, - Corses d’origine et Corses d’adoption- de l’île et de la diaspora, à tous nos élus, à la société civile, au mouvement clandestin, de choisir la voie d’un large dialogue, organisé, avec une méthode et un calendrier. Face  à un Etat et à un gouvernement très rétifs pour l’heure, notre implication collective et déterminée est l’unique moyen pacifique, démocratique, de sortir de la crise historique que nous traversons.  J’ai toujours eu confiance dans l’issue heureuse de la « question corse », en dépit des graves turbulences que nous avons traversées depuis un demi-siècle. La voie s’entr’ouvre enfin… Que les Corses s’y engagent sans réticence et sans calcul, dans leur diversité, sans donner de blanc-seing à quiconque ; elle conduira, grâce à la démocratie et par le dialogue avec l’Etat, à la maîtrise de notre destin interne, à la préservation de notre identité collective, à un développement maîtrisé et mieux partagé, à la paix, avec une meilleure insertion, mutuellement profitable, dans la Méditerranée et dans l’Europe.


Docteur Edmond Simeoni
Spécialiste de Gastro-entérologie - 78 ans
Marié, deux enfants, cinq petits enfants
Militant de la Corse depuis 1960



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