Le blog d'Edmond Simeoni, militant corse de la première heure



Corse : le désastre… Où étaient-ils : l’Etat et le Clan ?

Rédigé le Lundi 15 Mai 2017 à 16:55 | Lu 1679 fois


La Corse arrive à une période cruciale de son histoire ; elle a commencé à retrouver les espaces de liberté , de responsabilité ( Mairie de Bastia, CTC, Commission des Îles de la CRPM). Elle peut donc dès aujourd'hui commencer à construire son futur avec toutes les forces de progrès de l'île et de la diaspora.
Il est cependant indispensable d'effectuer un retour en arrière sue les 40 dernières années écoulées pour rappeler les dossiers essentiels de la période , situer les responsabilités et désormais proscrire un système de soumission coloniale , niant l’existence du peuple corse. Voici le rappel des principales dates de l'émancipation, en marche alors que nous étions au bord du gouffre.


L’Europe foisonne d’autonomies : 


* 80 statuts, 250 millions d’Européens vivent dans le régionalisme ou le fédéralisme politiques ; l’Ecosse et la Catalogne s’émancipent ; la France, -Etat-Nation- frileuse, arcboutée sur un schéma postcolonial et centralisateur, s’entête en Corse dans la négation de la dimension politique de la « Question Corse », manœuvre, atermoie, réprime, refuse de reconnaître le peuple corse et son droit, -universel- à la Liberté en dépit d’une lutte d’émancipation nationale contemporaine -revendication d’un Statut d’Autonomie interne au sein de la RF- qui a commencé dans les années 60 avec le Cedic -notre géniteur-, s’est poursuivie avec l’Arc en 1967, s’est aggravée avec la naissance du FLNC en 1976 mouvement clandestin utilisant la violence et réclamant l’indépendance.

 * Trois statuts frileux, un quatrième insuffisant en préparation, simplement destinés à gagner du temps, l’identité corse se diluant dans l’arrivée massive et régulière de non-corses (près de 4.000 par an) et la perte de la terre, soumise à la spéculation.


 

Le drame de la Corse repose sur trois protagonistes :
 

- L’Etat français, dont le bilan est sous les yeux de toutes et tous, après 250 ans de pouvoir dans l’île, sans partage !!!
      Il a même instauré une Loi  douanière en 1818 à 1912 taxant les produits corses à l’export et détaxant les marchandises arrivant en Corse…             sur une terre, française depuis50 ans !!!

- Le Clanisme, son allié objectif dont la matrice ancienne était les Landry, Pietri, Gavini ; les dynasties depuis 50 ans portent les noms
des Giacobbi, Rocca Serra, Zuccarelli. Les clans ont utilisé, perverti, les partis politiques qui étaient leur livrée, un peu plus présentable.

-  Le Peuple corse, (Corses d’origine, Corses d’adoption, Corses dans l’île : 310.000 et Corses dans la diaspora (1 million environ) a toujours lutté pour la liberté mais il porte une part de responsabilité dans le sort qui est le sien car le clan est endogène donc corse et nous nous sommes  accommodés souvent et trop facilement du laxisme, de la corruption du clanisme. Et de la politique néfaste de l’Etat.

     Depuis 1950 : la Corse est entrée dans une période de convulsions ; elle avait été abandonnée, désertifiée, peu développée, -elle compte 150.000 habitants- l’Etat décide donc de sa mise en valeur, crée deux sociétés d’Economie mixte -la Somivac et la Setco- dont a politique, injuste, discriminatoire, notamment lors de la décolonisation de l’Algérie, en 1962 alimente le ressentiment et la contestation locale- une autonomiste et l’autre indépendantiste qui va croître, se structurer et surtout lutter avec des attentats. Il nous semble intéressant d’analyser cette période à travers les  faits marquants et de situer le rôle de l’Etat et du clan qui est sa courroie de transmission et qui sont étroitement associés ; avec en face l’action des nationalistes pendant cette période.

 

 





 

Les grands changements : 

 

Il est certain que la Corse vit un véritable bouleversement politique à la suite des 2 victoires du mouvement national et de ses alliés ainsi qu’une élection récente, dans le cadre européen : 
 

     * l’élection municipale de 2014 à Bastia ; le système claniste des Zuccarelli a perdu sa main mise sur la ville qui durait depuis 1967(47 ans !). Un vent de libération a commencé à souffler sur la Corse. Gilles Simeoni (Inseme per Bastia) a été élu Maire de la ville.
 

    *L’élection territoriale en décembre 2015. La coalition « Pè  a Corsica » de Femu a Corsica  et de  Corsica Libera , a remporté la présidence de l’Exécutif     et de la Présidence de l’Assemblée de Corse. 

Le séisme politique a été majeur, le clanisme s’est effondré et les partis traditionnels ont manifestement reculé. Le peuple corse tant dans l’île que de la diaspora a pris conscience de son existence menacée et s’implique chaque jour d’avantage dans l’émancipation nationale et la construction d’un pays démocratique adossé aux valeurs de l’humanisme et dans l’enracinement d’un développement durable plus juste.
 

    *Fait d’importance stratégique majeure, l’élection, à l’unanimité,  du Président de l’Exécutif de Corse à la Présidence de la Commission des Îles de la CRPM. 
 

    *A dater du 1er Janvier 2018, la Corse sera transformée en une Collectivité unique avec la suppression des 2 départements. Cette démarche demeure intéressante mais très insuffisante car il faut impérativement à l’île un statut d’Autonomie interne.
 

La France elle-même, connaît un grand bouleversement avec l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, face à la candidate du Front National, Madame Le Pen. La nomination du Premier Ministre, la composition du gouvernement, les élections législatives des 11 et 18 juin 2017, préciseront l’architecture de celui-ci.

 Il va de soi, que les changements politiques majeurs, intervenus dans la société corse ne sont pas le fait des seuls mouvements nationalistes. Sur les 50 ans écoulés, les forces vives économiques, culturelles, sociales et surtout écologiques, la diaspora, - dans la diversité de leurs opinions politiques- , ont participé à nombre de combats collectifs majeurs (Arrêtés Miot, protection du littoral, lutte pour l’emploi, contre la précarité et pour la santé publique, contre la désertification de l’intérieur pour la démocratisation et la libération des prisonniers politiques, les transports maritimes, l’ouverture à l’Europe et à la Méditerranée).
 

Il est évident que nous n’avons pas été seuls à lutter, depuis des décennies ; militants clandestins, militants nationalistes de toutes les organisations, militants progressistes de différentes sensibilités, militants culturels, syndicalistes, écologistes, forces vives de la jeunesse, associations de parents d’élèves et socio-professionnelles, Corses de la diaspora, toutes et tous ont apporté leur contribution ; mais on ne peut nier, aussi, que l’Etat et le Clan, n’ont pas renoncé à leur politique coloniale et d’anti démocratie. 
 

En réalité, c’est une politique délibérée : ils jouent la montre car ils savent que l’arrivée massive et annuelle de 4.000 non-corses – que l’ile ne peut plus intégrer faute de développement- et l’aliénation des terres, surtout littorales qui se perpétue malgré l’action vigoureuse et efficace des écologistes et du Tribunal Administratif de Bastia(13 PLU Invalidés).
 

La démonstration est irréfutable : lorsque le peuple corse a joué son destin, dès 1950, l’Etat s’est acharné à  le perdre tandis que le clan, non seulement ne s’est pas opposé à lui pour le contrer mais au contraire, l’a accompagné dans sa tâche néfaste, par son indifférence, sa démission, sa passivité, ses orientations.
 


Conclusion : 

 

Il est certain que la Corse vit un véritable bouleversement politique à la suite des 2 victoires du mouvement national et de ses alliés ainsi qu’une élection récente, dans le cadre européen : 

     * l’élection municipale de 2014 à Bastia ; le système claniste des Zuccarelli a perdu sa main mise sur la ville qui durait depuis 1967(47 ans !). Un vent de libération a commencé à souffler sur la Corse. Gilles Simeoni (Inseme per Bastia) a été élu Maire de la ville.

    *l’élection territoriale en décembre 2015. La coalition « Pè  a Corsica » de Femu a Corsica  et de  Corsica Libera , a remporté la présidence de l’Exécutif     et de la Présidence de l’Assemblée de Corse. 

Le séisme politique a été majeur, le clanisme s’est effondré et les partis traditionnels ont manifestement reculé. Le peuple corse tant dans l’île que de la diaspora a pris conscience de son existence menacée et s’implique chaque jour d’avantage dans l’émancipation nationale et la construction d’un pays démocratique adossé aux valeurs de l’humanisme et dans l’enracinement d’un développement durable plus juste.

    *Fait d’importance stratégique majeure, l’élection, à l’unanimité,  du Président de l’Exécutif de Corse à la Présidence de la Commission des Îles de la CRPM. 

    *A dater du 1er Janvier 2018, la Corse sera transformée en une Collectivité unique avec la suppression des 2 départements. Cette démarche demeure intéressante mais très insuffisante car il faut impérativement à l’île un statut d’Autonomie interne.

La France elle-même, connaît un grand bouleversement avec l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, face à la candidate du Front National, Madame Le Pen. La nomination du Premier Ministre, la composition du gouvernement, les élections législatives des 11 et 18 juin 2017, préciseront l’architecture de celui-ci.

 Il va de soi, que les changements politiques majeurs, intervenus dans la société corse ne sont pas le fait des seuls mouvements nationalistes. Sur les 50 ans écoulés, les forces vives économiques, culturelles, sociales et surtout écologiques, la diaspora, - dans la diversité de leurs opinions politiques- , ont participé à nombre de combats collectifs majeurs (Arrêtés Miot, protection du littoral, lutte pour l’emploi, contre la précarité et pour la santé publique, contre la désertification de l’intérieur pour la démocratisation et la libération des prisonniers politiques, les transports maritimes, l’ouverture à l’Europe et à la Méditerranée).

Les portes de l’avenir sont ouvertes (luttes nécessaires, réconciliation impératives, espoir et travail et construction d’un Pays)…

Dr Edmond Simeoni
Lozzi u 12 di Maghju 2017

 

 

 



Docteur Edmond Simeoni
Spécialiste de Gastro-entérologie - 78 ans
Marié, deux enfants, cinq petits enfants
Militant de la Corse depuis 1960



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