Le blog d'Edmond Simeoni, militant corse de la première heure


​La droite et Jean-Martin Mondoloni

Rédigé le Mercredi 8 Novembre 2017 à 11:18 | Lu 469 fois



Jean Martin Mondoloni est un homme de qualité, intègre, démocrate qui apporte, depuis des années, comme élu et comme citoyen, sa contribution respectable à la construction de la Corse nouvelle. Proviseur in Corti, il a créé une  « classe terminale d’excellence » qui réussit et permet aux jeunes corses –avec l’aide passionnée de leurs enseignants- de se former et de se distinguer.
Récemment, J.M. Mondoloni,  a déclaré au quotidien régional  « Il n’y a pas besoin d’être nationalistes pour avoir des idées ». La saillie est pré-électorale et compréhensible. C’est un truisme et il est heureux qu’il en soit ainsi ; sinon cela aurait signifié – l’imaginer est stupide- qu’une grande partie des Corses- non-nationalistes- étaient privés de réflexion, de cerveau, de capacités d’initiatives. Cependant l’affirmation du proviseur m’interpelle.
Il n’est pas question de prétendre que la Corse ne vit et n’a vécu que par les nationalistes – certes Pasquale Paoli reste un phare, reconnu, du siècle des Lumières- qu’il n’y a jamais  eu, avant nous, aucune  réalisation valable ni des élus de qualité ; ce serait une contre-vérité. Mais le constat objectif montre que depuis deux siècles, la Corse cumule des retards préoccupants, objectivés par des données incontestables (économie précaire, région la plus pauvre de France, chômage important, retards majeurs d’infrastructures, une démocratie bancale, l’intérieur de l’île, anémique, économie résidentielle avec près de 80.000 résidences secondaires !!!! etc ) ; et nul ne peut contester surtout, que depuis cinquante ans, l’île a commencé à secouer les cocotiers, sous l’impulsion des nationalistes.
 Les dynasties clanistes en Corse, droite et gauche confondues – Rocca-serra, Giacobbi, Zuccarelli-, dans le droit fil de leurs prédécesseurs (Landry, Pietri, Gavini…) ont eu tout le loisir, sous leur propre direction et sous la direction  de la gauche et de la droite hexagonales,  alternativement au pouvoir en France, de faire la preuve de leurs capacités, de leur créativité, de leur volonté de changement et de rénovation de la démocratie et de l‘éthique en Corse.  Et aujourd’hui, après des luttes sévères, notre peuple a adopté et validé des idées, réalisé des projets qui appartiennent déjà à la société, dans sa diversité.  La langue, l’Université, le chant, l’écologie ( les boues rouges en 1973 déjà !!), le Padduc, les Nouvelles technologies, les Energies renouvelables, la protection du littoral et le rejet de l’incinération, l’assainissement démocratique, la gestion rigoureuse de l’argent public, les Arrêtés Miot, la résilience des vins corses, la lutte contre la précarité, la défense de la diaspora doivent beaucoup, et à toute  la famille nationaliste et, à un degré moindre,  aux forces de progrès tant au niveau des concepts – l’autonomie devient une revendication commune ; le peuple corse est une évidence- qu’à celui des projets et des réalisations. Ce n’est pas par hasard que nous avons démocratiquement gagné, avec nos partenaires, la mairie de Bastia,  la responsabilité de la CTC ; que nos compatriotes lors des dernières élections législatives ont choisi trois députés nationalistes sur quatre sièges ; ce n’est pas par hasard que la Commission des Iles de l’UE est présidée par le Président de l’Exécutif de la Corse, un gage de crédibilité et de confiance générée par l’espoir de voir enfin reconnaître et corriger les handicaps liés à l’insularité, la distance, le caractère montagneux…
Je sais, pour l’avoir vécu, que le Parc Naturel Régional de la Corse est dû à la volonté visionnaire de François Giacobbi, que Nicolas Alfonsi a  été le responsable de l’action remarquable du Conservatoire du Littoral, que des présidents de la CTC et les présidents de l’Exécutif ont tous apporté depuis 1982 et à des degrés divers, leur contribution à la mise en place de l’architecture et du fonctionnement de l’Assemblée de Corse. La campagne électorale actuelle permettra de juger le bilan des responsables en place aujourd’hui.
Je sais que la Corse change parce que le monde change, parce que ses forces vives – économiques, sociales, culturelles, écologiques ses entrepreneurs, ses salariés, ses retraités, ses étudiants, ses innombrables associations, les Corses de la diaspora…. – sont le moteur du changement.
L’élection territoriale de décembre 2017 a une importance majeure parce qu’il y a un nouveau Président de la République, parce que va être créée une Collectivité Unique – absorbant les 2 départements,  avec un changement de taille considérable et des nécessités organisationnelles majeures-  et surtout parce que les nouveaux élus doivent créer la confiance , bien ébréchée et impulser le changement,  indispensable,  tant espéré. Leur action sera déterminante pour le succès ou l’échec de la Corse qu’il vaut mieux ne pas envisager tant les risques sont évidents (mal développement, chômage, affaiblissement de la démocratie, de l’aggravation du climat de violence, de  la tentation de radicalisation…).
Il est légitime que les parties en présence tentent, chacune avec ses moyens, de l’emporter. Mais il ne serait avoir de place, pour une partie truquée ou malsaine.
Le « front républicain » serait une insulte à vos adversaires, et donc à nous-mêmes qui sommes très attachés à la République ; une insulte aussi à l’éthique, à la démocratie, surtout si elle a pour dénominateur commun, la haine des nationalistes et, pour moteur le choix de moyens tortueux,  dont Paris a une expérience séculaire. La quintessence de l’engagement partisan et illégal au service prétendument de la France  a culminé avec la création et l’impunité des polices parallèles de Francia qui nous ont infligé  plus de 60 attentats de 1977 à 1980 ; Paris contrôle étroitement la politique de la Corse, fixe les règles du jeu ; personne ne peut disconvenir que les grands partis politiques corses ont toujours été assujettis inconditionnellement à cette tutelle serrée, complice du clanisme et hostile ensemble à toute démocratisation réelle et à toute émancipation de la Corse. Cette structure a démocratique et son mode de fonctionnement ont ruiné la Corse et nous ont conduit au bord du gouffre.
L’élection doit désigner un vainqueur et un perdant, par le jeu d’un exercice démocratique normal, ne laissant aucune amertume et ne donnant prise à aucune contestation. Un avenir paisible et plus souriant serait alors possible pour notre Peuple.
Je ne doute pas que ce soit un objectif commun sensé que vous partagez avec les Corses de l’île et de la diaspora, quel que soit leurs opinions et avec nous naturellement.
 
Dr Edmond Simeoni
Ajaccio le 08 novembre 2017
 
 
 
 
 
 
 
 


Docteur Edmond Simeoni
Spécialiste de Gastro-entérologie - 78 ans
Marié, deux enfants, cinq petits enfants
Militant de la Corse depuis 1960



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